lundi 30 janvier 2023

Cinéma

 Un incident au Rexy

 

Le Rexy avait ouvert en 1934, au 129-131 de la rue Garibaldi, succédant à un cinéma appelé Le Femina (1921 ou peut-être 1914) puis le Lavarre, du nom de son propriétaire (1924). D’autres sources affirment que le bâtiment fut construit en 1922 pour abriter l’usine de construction électrique Soulé. Une chose est sûre : le Rexy ferma en 1958. Sa façade, qui est depuis 1970 celle d’un Monoprix, subsiste et donne une idée de ce que fut sa splendeur, car en 1940, le Rexy était « une des plus belles et vastes salles de Lyon », qui comptait 899 places (650 au parterre, 213 en galerie et 36 en loges), et offrait en outre 27 abris en cas d’alerte.

 

Le 14 juillet 1943, on projeta en matinée (il n’y avait pas de soirée dans les cinémas lyonnais ce jour-là) Mariage d’amour, une bluette réalisée l’année précédente par Henri Decoin et produite par Alfred Greven pour Continental-Films*. Mais c’est moins la chaste idylle interprétée par Juliette Faber et François Périer qui retint l’attention de la police que le déroulement de la séance. Dans une lettre du 15 juillet adressée au commissaire principal des RG du Rhône, l’inspecteur Savelli signale qu’à la fin de l’entracte, « on fit entendre au public le disque de la Marseillaise ». « Tout le monde se leva et entonna l’hymne national. Deux ou trois personnes ont même crié “Vive la République – Nous les aurons !” ». Les manifestations recommencèrent à la fin du spectacle quand on fit entendre le Chant du départ. « Le public a été satisfait d’une telle initiative », conclut l’inspecteur. Un complément d’enquête signale que « Monsieur Lavarre Auguste, propriétaire et directeur du dit cinéma ne nie pas les faits » et qu’il a déclaré « avec la plus grande naïveté » qu’il n’avait pas voulu « déroger à l’habitude qu’il avait de fêter le 14 juillet ». L’intéressé semble certes avoir agi « conformément aux directives données par la Radio anglaise », mais il n’avait jamais manifesté d’activité politique. Il mérite donc un avertissement assorti d’une fermeture administrative de 5 jours.

 

La relative légèreté de la sanction s’explique par le fait que Vichy n’a jamais officiellement interdit ni La Marseillaise ni les célébrations du 14 juillet. La première étant accompagnée, mais non remplacée, par Maréchal, nous voilà ! ; les secondes étant réduites à une journée « de deuil et de recueillement ». Mais dès 1942 il était clair que les manifestations organisées ce jour-là en Zone Non Occupée l’étaient à l’initiative de la France libre et de la Résistance intérieure. Même si nous n’avons pas trouvé dans les archives d’incident comparable à l’affaire du Rexy, on peut supposer que les 80 salles de cinéma lyonnaises* furent le lieu d’élans patriotiques du même ordre.

 

 

Sources : Les Cinémas de Lyon : 1895-1995 (AM de Lyon, juin-juillet 1995) ; Rive Gauche, n° 57 (juin 1976) ; AD du Rhône, 45w82 (lettres des 15 et 20 juillet ; note du 9 août).

 

 

© Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Rhône-Alpes


dimanche 22 janvier 2023

Musique

La vie musicale

Pendant les années d’Occupation, la vie musicale lyonnaise a dû s’organiser à partir d’une situation historique complexe. Lyon se trouvait dans une position inconfortable, parce qu’elle devait compter avec Paris, Vichy et Berlin. Dès le deuxième semestre 1940 et jusqu’au 11 novembre 1942, cela était perceptible, mais le phénomène s’aggrava dans la période suivante marquée par la brutalité d’un occupant déterminé à piller le pays et à briser la résistance. Les autorités locales et les programmateurs, publics ou privés, s’efforcèrent de préserver à la ville son visage de « lumière spirituelle du monde », tout en affirmant une identité française gravement compromise, conforme aux idéaux de la Révolution nationale. D’où des choix prudents dans l’exploitation d’un patrimoine ou le développement de musiques plus populaires. Cela recoupe d’ailleurs une distinction aux frontières mouvantes entre deux fonctions traditionnelles de la musique. D’une part une conservation muséographique au service de la fierté française au sein de la haute culture européenne ; d’autre part, le divertissement et le plaisir d’être ensemble, pour faire oublier à une population morose les malheurs du temps et lui prodiguer insouciance, bonne humeur, voire faire renaître une ferveur collective.

Depuis les années 1880, il existait à Lyon une forte tradition musicale. Au fil des années, les amateurs enthousiastes avaient été embarqués dans des batailles esthétiques très vives, relayées par une presse critique attachée à se démarquer de Paris sans paraître vieux jeu. Cela avait été le cas lorsqu’il s’était agi d’opposer Massenet à Wagner, de se prononcer sur le génie proclamé de César Franck, d’accueillir avec chaleur les Ballets russes ou plus tard de s’enflammer pour la musique de jazz. D’où des programmations diversifiées, grossièrement réparties de façon géographique. L’opéra*, la musique philharmonique* et le jazz* se concentrent dans le centre ville, au Grand théâtre*, dans les salles Rameau* et Molière*, au théâtre des Célestins* et aux Heures de la rue Confort*. La musique « légère », quant à elle, se donne plus volontiers sur la rive gauche du Rhône, au théâtre de Villeurbanne*, dans la salle François Coppée* rue Victorien-Sardou. Il en va de même pour les formes musicales plus populaires, harmonies, cafés-concerts, associations d’amateurs. Cela néanmoins ne fut pas une règle rigide : dans toutes les salles, on donna selon les besoins aussi bien des concerts, que des pièces de théâtre, des numéros de revue, du music-hall ou mêmes des conférences*.

Les sources de financement du domaine musical furent d’une grande indigence : abonnements en chute libre d’une population appauvrie, personnels masculins (artistes, musiciens, administrateurs, techniciens, décorateurs, professeurs de conservatoire) réduits ou absents, subventions maigres, voire inexistantes. Il faut économiser sur tout, réemployer du matériel d’avant-guerre, se contenter d’un confort rudimentaire (chauffage insuffisant par exemple), respecter le couvre-feu qui rend impossible les spectacles de soirée, assurer la sécurité des personnes, modifier à la dernière minute les horaires bousculés par les fermetures administratives à la suite d’attentats dirigés contre des soldats allemands ou, en 1944, par les bombardements anglo-américains. La vie musicale ne pouvait se tenir à l’écart d’une réalité embourbée dans le marché noir, les fausses nouvelles, la délation, les séparations, la surveillance policière, la chasse aux communistes, aux francs-maçons et aux juifs. Les lois anti-juives notamment, décrétées dès octobre 1940, stipulaient d’exclure les israélites des entreprises culturelles. Il fallait aussi compter avec l’intégration des « repliés », parfois difficile.

Les programmes musicaux, pour la musique philharmonique* et l’opéra*, ont veillé à ne pas heurter des Lyonnais traditionnellement considérés comme conformistes dans leurs jugements. Les concerts ou récitals, souvent organisés au profit des prisonniers de guerre* se conformaient à un public composé de réformés, de personnes âgées ou trop jeunes pour avoir été mobilisées en 1939, et les femmes y tiennent une place importante. Ce qui n’a pas empêché la population lyonnaise d’entretenir une vie musicale véritable, dans les associations de quartiers, les paroisses, les chorales, le scoutisme. Quant aux « orchestres de radio », créés dans les années 1930 et qu’on entendait sur les ondes de Radio-Paris et de Radio-Lyon, ils contribuèrent largement à vivifier la culture musicale lyonnaise en assurant un contact avec la zone occupée. Dans Le Salut public par exemple, la partie réservée aux « concerts radiophoniques » (c’est-à-dire l’information sur ce que retransmettait Radio-Paris) est aussi importante, voire davantage, que les comptes rendus sur les spectacles musicaux proprement lyonnais. 

 

Sources : Francis Wolff, Pourquoi la musique, Librairie Arthème Fayard, Histoire de la pensée, 2015 ; Claude Hagège, La Musique ou la mort, Odile Jacob, 2020.

[M. P. Schmitt] 

Joseph-Hugues Fabisch, Euterpe (1862),

façade de l'Opéra de Lyon
 

lundi 16 janvier 2023

Cinéma

Les actualités cinématographiques

Presque dès l’origine, les actualités filmées firent partie des séances de cinéma. Créé en 1909, Pathé-Journal dominait le marché, malgré la concurrence de Gaumont-Actualités, Éclair-Journal et surtout, à partir de 1927, de Fox Movietone News, la première maison à proposer des newsreels sonores et parlantes. Les journaux filmés étaient un hors d’œuvre prisé du public, dans ces années d’avant la télévision ; au point que s’ouvrit à Lyon en 1935 une grande salle du centre-ville qui leur était entièrement ou principalement dévolue, sous forme d’un spectacle permanent : le Ciné-Journal (71, rue de la République, 399 places).

Pendant la deuxième guerre mondiale, les actualités devinrent un enjeu politique majeur, et furent sans aucun doute contrôlées avec beaucoup plus de zèle que les films. Le 10 octobre 1940, un télégramme de Jean-Louis Tixier-Vignancour, alors chef des Services de Radiodiffusion et Cinéma, parvint sur le bureau d’Alexandre Angeli, préfet du Rhône :

Vous prie faire connaître immédiatement à tous directeur de cinéma interdiction formelle projeter actualités Fox Movietone et Alliance Cinématographique Européenne

Interdire Fox Movietone, c’était évidemment faire taire la voix de l’Amérique qui, quoique non belligérante, apportait un soutien manifeste aux ennemis de l’Allemagne. Il est plus étonnant de voir l’Alliance Cinématographique Européenne (ACE), filiale de la firme allemande UFA, traitée de même. D’autant que les journaux filmés distribués par l’ACE, « les Actualités mondiales », déclinaison française de la Deutsche Wochenschau, avaient le monopole de la Zone Occupée. Il s’agissait sans doute de faire place nette en ZNO pour le Journal France-Actualités Pathé, produit conjointement par Pathé et Gaumont à Marseille, imposé par Vichy et moins ouvertement au service de l’occupant. À partir d’août 1942, un journal franco-allemand, France-Actualités, fut le seul projeté sur tout le territoire français. Il accordait une place centrale à la propagande nazie, surtout après que Philippe Henriot fut devenu secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande, en janvier 1944. 

 

Sources : AD du Rhône, 45w82 (1940-1941) ; Patrick Mougenet, « Les actualités cinématographiques diffusées en France entre 1939 et 1945 », Clio-Ciné, 2002



lundi 9 janvier 2023

Musique

 Le jazz dans Lyon occupé

 

En 1940, le jazz en France avait cessé d’être une nouveauté exotique. Aux États-Unis, il avait acquis depuis une vingtaine d’années une place de choix, qu’il s’agisse des formations de new orleans ou des grands orchestres de swing comme ceux de Duke Ellington, Count Basie ou Benny Goodman. En ce qui concerne Lyon, des musiciens noirs américains avaient transité par la ville avant de rejoindre le front de l’est en 1917. En 1933 et 1934, Louis Armstrong et Duke Ellington s’étaient produits salle Rameau. Très vite à Paris, puis à Lyon ou Bordeaux, le jazz avait opéré sa séduction sur un public enthousiaste d’étudiants. Un premier Hot Club de France (HCF) avait été créé par Hugues Panassié et Charles Delaunay dans la capitale. Il se donnait pour tâche l’organisation de concerts et de conférences, l’enregistrement et la publication de disques. Lyon vit bientôt naître le sien, d’abord hébergé rue Pleyney, puis en différents lieux de la Presqu’île. Les statuts de sa première formule (il en eut quatre) furent déposés en préfecture le 15 avril 1941. Il organisa notamment en septembre 1942 quatre concerts du Quintette du HCF, où figuraient le guitariste Django Reinhardt et le violoniste Stéphane Grapelli.

 

Les années 1940-1944 furent paradoxalement favorables au jazz, qui d’ailleurs ne fut jamais interdit, et le HCF fonctionna de façon officielle jusqu’à la fin de 1943. La censure allemande se montra plutôt bienveillante et se borna à faire la chasse aux zazous, quand ils faisaient mine de se mêler aux activités jazzistiques. Certes, la captivité des soldats français, le Service du Travail Obligatoire (STO) à partir de 1943, le couvre-feu, les restrictions de papier qui avaient divisé par dix le volume du Bulletin du Hot club, des conflits internes aussi, affectèrent durement le petit monde du jazz, à Lyon comme ailleurs. Mais deux phénomènes favorisèrent les musiciens français. D’abord, le cahier des charges du Hot club, qui stipulait que les musiciens ne devaient être juifs « ni de race, ni de religion », éliminait une concurrence potentielle non négligeable quand il s’agit du monde musical. Ensuite et surtout, le départ de la plupart des Américains dès la déclaration de guerre en 1939 permit à un « jazz français » d’affirmer son autonomie. Plusieurs orchestres et de nombreux groupes de musiciens amateurs purent ainsi se produire dans les grandes villes des deux zones.

 

Citons quelques-unes de ces grandes formations qui se produisirent à Lyon devant un public enthousiaste, souvent dans des cinémas. Aimé Barelli ou Jo Bouillon par exemple, avec « son orchestre bien français » et « son quintette hot » ; Jack Hylton ou Bob Gordon (« du swing, du vrai swing ») ; ou encore Ray Ventura, dont le spectacle Tourbillon de Paris garantit « gaîté, jeunesse, chansons ». Replié pendant un an à Lyon, Ventura partit ensuite en Suisse, au Brésil et en Argentine, parce qu’il était juif et parce qu’il trouvait que la France « manquait de jeunesse ». Il eut le temps de faire entendre aux Lyonnais une musique d’orchestre mêlée aux chansons qui firent sa célébrité, de Tout va très bien, madame la marquise à Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine ou C’est déjà ça d’pris, etc. Signalons Fred Adison (Albert Lapeyrère) et son « jazz français », ou encore Alfred Rode (Albert Spédalière) qui se produisait au Pathé-Palace* avec son « orchestre tzigane » (un adjectif qui aurait pu lui attirer quelques ennuis, mais le musicien avait sans doute su trouver les accommodements nécessaires…). Sans compter que les « sans-filistes » lyonnais ont pu suivre sur Radio-Paris contrôlé par les Allemands les 520 émissions de Raymond Legrand à la tête de son orchestre. On est loin des origines afro-américaines du jazz. D’autant que la question recoupait de façon embarrassante celle de la couleur de la peau des musiciens, car les grand orchestres étaient exclusivement composés de blancs. Cela engendra des fractures jamais refermées entre un petit cercle de puristes, d’ailleurs ennemis les uns des autres (comme le devinrent Panassié et Delaunay), et un public plus large d’amateurs de musiques rythmées, dans lesquelles le jazz se mêle à la variété.

 

Sources : Jonathan Boutellier, Le Jazz à Lyon : histoire(s), évolutions, perspectives, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD), Paris, 2012 ; Ludovic Tournès, New Orleans sur Seine, histoire du jazz en France, Fayard, 1999 ; Le Salut public, journal quotidien, 1940-1944. 

 

[M. P. Schmitt]

            

lundi 2 janvier 2023

Cinéma

La censure des films anti-Allemands

Le 21 novembre 1941, Aubier, chef du centre de la région de Lyon du COIC (Comité d’Organisation de l’Industrie Cinématographique, 51 av. Maréchal Foch) répond à une demande de la préfecture. Il fournissait une liste de quatre films « anti-Allemands » en distribution dans la région. Il s'agit de Pilote X, film américain d’Elmer Clifton de 1937, où le pilote meurtrier est un Allemand nommé Carl… Goering ; Marthe Richard, film de Raymond Bernard de 1937, où Edwige Feuillère joue le rôle d’une espionne pendant la première guerre mondiale ; No Man’s Land (Niemandsland ou La Zone de la mort), film pacifiste allemand réalisé en 1931 par Victor Trivas, réalisateur russe d'origine juive ; et « Morale de cette histoire », dont trois copies avaient été localisées à Lyon et trois autres à Marseille. Nous n'avons pu identifier ce dernier film. Nous en sommes réduit à l’hypothèse suivante : un employé du COIC, devant rendre compte de Mortal Storm, le film de Frank Borzage (1940), a lu « Moral Story » et pris l’initiative de nommer « Morale de cette histoire » une œuvre qui sera distribuée en France en 1948 sous le titre La Tempête qui tue.

« Il y a lieu de considérer que les copies de ces films sont en principe saisies », assure Aubier. Mais le danger que représentaient ces œuvres était mince : aucune n’avait été projetée à Lyon depuis le 29 avril 1940, quand Marthe Richard au service de la France était au programme du Cinébref. Plusieurs films anti-allemands sont absents de cette liste curieusement réduite. Par exemple, Menaces d’Edmond T. Gréville (1940) avec Mireille Balin et le juif Erich von Stroheim, interdit et brûlé à Paris par l’occupant en 1940, mais qu’on pouvait encore voir au Chanteclair et à l’Eldorado puis à l’Astoria et à la Cigale en avril-mai 1941. Un autre film anti-nazi de Borzage de 1938 : Three Comrades, montré à Lyon en 1941 et jusqu'en août 1942 au Ciné-Monde et au Studio 83. En juillet 1943, alors que Lyon est occupé, on projette toujours Le Mort en fuite, comédie d'André Berthomieu (1936). Une concierge (Gabrielle Fontan) y nomme son chat Adolphe, suscitant une réplique de Michel Simon dont on imagine l’effet sur le public du Studio Fourmi : « Votre chat, madame, il pisse partout ! »

Pendant toute la guerre on observe d’autres défaillances de la censure : on continua par exemple, bien après l’Armistice, à voir à Lyon des films anglais* ; et quelques films américains* après l’entrée en guerre des États-Unis, parfois en version originale*. La négligence du service chargé du contrôle du cinéma en zone sud est peut-être due à ce que sa mission était d’abord de faire respecter les interdictions aux moins de 16 ans*.

 

Sources : AD du Rhône, 45w82 (1940-1941) ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Menaces ; rubrique « La soirée lyonnaise » du Salut public, 1940-1944

  

 
Le Salut public, 2 avril 1941

dimanche 1 janvier 2023

Programme

 On s’intéresse ici à la vie culturelle à Lyon pendant l’Occupation, ce qu’il faut comprendre dans un sens doublement élargi.

Par « vie culturelle », il faut comprendre Musique, Cinéma, Littérature, Théâtre, mais aussi quelques divertissements, comme les sports et diverses activités non professionnelles dont était fait le quotidien des Lyonnais.

Par « Occupation », on entend ici non seulement la période qui s’étend d’octobre 1942 à août 1944, quand Lyon fut effectivement occupée par les forces allemandes, mais aussi (improprement) celle qui va de juillet 1940 à octobre 1942, quand la ville, située au sud de la ligne de démarcation, était la capitale intellectuelle de la zone non occupée (dite libre).

Cette enquête, sans ignorer les travaux d’un petit nombre d’historiens qui ont étudié certains aspects de la vie lyonnaise entre 1940 et1944, est fondée principalement sur des sources premières : dépouillement des archives et de la presse, principalement d’un des principaux quotidiens de la ville : le collaborationniste Salut Public

D. R. et M.P.S., Lyon, janvier 2023