mercredi 6 septembre 2023

Sport

 Le Rhône sportif

 

« Le Rhône Sportif Terreaux » fut créé en 1919 par le père Antoine Firmin, réunissant la Vaillante de Saint-Pothin et la Jeanne d'Arc de la Rédemption, les cercles sportifs de deux paroisses du 6e arrondissement. Il tenait son nom de l’adresse de son siège social, 21, rue d’Algérie. Il louait divers terrains, dont le stade des Channées, dans le quartier de la Mouche, avant de s'installer à Villeurbanne au Pré Saint-Jean, aujourd'hui rebaptisé stade de lAbbé Firmin. Ce club existe toujours, sous le simple nom de « Rhône Sportif »,

Pendant l’entre-deux guerres, le RST fut le fleuron de « la vaste famille sportive et catholique » lyonnaise. Ce fut une des sociétés sportives les plus importantes de Lyon et de la FGSPF (Fédération gymnastique et sportive des patronages de France). En 1939, il comptait 600 membres dont 350 furent mobilisés, parmi lesquels son directeur, l’abbé Curtelin, et son président, Charles Dessertenne. En 1940, le RST déplorait deux tués au combat, une dizaine de disparus, six blessés et une trentaine de prisonniers. Il s’occupait d’envoyer des colis à ces prisonniers et veillait à l’épanouissement intellectuel de ses jeunes sociétaires au sein d’une structure plus vaste, qui accueillait également des scouts et divers mouvements catholiques : le cercle « Le Rhône », présidé par l’industriel et académicien de Lyon Mathieu Varille.

En effet, l’œuvre du RST ne se résumait pas aux succès sportifs de son équipe première de rugby, qui opérait en 1re série ; de sa section de football, la plus importante quant à l’effectif, championne de France FGSPF ; de ses équipes de basket, de cross, d’athlétisme, de tennis ou de hockey. C’est ce que souligne Marcel Curtelin, revenu du front, sa soutane ornée du ruban de la croix de guerre à la suite d’une citation obtenue devant Dunkerque :

Nous n’avons pas été pris au dépourvu par l’orientation nouvelle que veut donner le gouvernement à la jeunesse française. Depuis toujours nous nous sommes préoccupés à la fois de la formation morale et de la formation physique de notre jeunesse. […] Il ne s’agit plus d’être léger, railleur, sceptique, folâtre. Dieu, la nature, le travail, le mariage, l’enfant, tout cela est sérieux. Le sport doit être un tremplin, une école d’énergie, de courage, de volonté et de loyauté.

Quant à la formation morale et physique des jeunes Lyonnaises, elle n’était apparemment pas du ressort du Rhône Sportif.

 

Sources : Mgr Étienne-Marie Bornet, Le Père Firmin, Chronique Sociale de France, 1952 ; Le Salut Public, 6 janvier et 9 octobre 1940.

 

 

Antoine Firmin (1876-1935)